Se remettre en question…

En ce moment j’ai besoin de changement ! Je sens qu’en moi ça bouge et, indéniablement, ce mouvement se répercute sur mon travail artistique.

Je crois qu’un artiste se doit de se remettre en question pour avancer. D’ailleurs tout ce qui peut le perturber (doutes, questionnements, lassitudes, critiques…) sont des bénédictions déguisées ! Ce sont ces perturbations qui lui permettent d’évoluer et d’accorder son intériorité avec son art. Parce qu’un artiste lassé, désillusionné, est un clown triste suffoquant dans une boite trop petite que l’on n’a même plus envie d’ouvrir !

Dans quelques mois j’aurai 40 ans… et si ma crise de la trentaine a été externe je sens très nettement que celle de la quarantaine sera interne !

J’ai envie d’ouvrir les fenêtres et de faire le ménage (c’est le printemps ! ), d’arrêter d’alimenter le monde de l’illusion manichéenne car, en fait, rien n’est tout blanc ou tout noir, rien n’est tout lumière ou tout ténèbres, d’ailleurs rien de tout cela n’existe vraiment, ce ne sont que des concepts humains, la nature EST par essence et nous en faisons partie.

Alors j’ai décidé d’apprendre à ÊTRE, sans me préoccuper de ce que peut en penser Autrui… parce qu’après tout, si Autrui est aussi authentique que je le suis il s’occupera de sa propre évolution et n’aura pas le temps (ni l’envie) de juger la mienne.

Je dis APPRENDRE car l’exercice est difficile pour moi qui vit constamment avec une armure… Toujours armée de pied en cap j’attaque pour ne pas être attaquée, préférant le rejet direct à tout abus de confiance. La chair du crabe est si tendre sous la carapace…

Le lâcher prise sera donc mon exercice et l’art ma thérapie.

Exit les collages, je reviens à la peinture, je n’ai plus besoin de superflu… directement sur la toile sans esquisse et donc sans filet parce que je sais que j’en suis capable.

Moralité : peindre des nuages m’aide à déployer mes ailes…

 

14 Commentaires

  1. Bon sang que ça fait du bien de lire ça !
    J’en ai la chair de poule !
    Respect Di pour ta sincérité …

    D’hier ou d’aujourd’hui, j’aime ton art.
    Une explication simple à cela : tu te rappelles les paroles des 2 héros d’Avatar ? « Je te vois « .
    Le regard de cette toute nouvelle muse est caressant, transperçant, profond et clair, émouvant, il porte en lui, c’est certain, les prémices de ce renouveau.

    La quarantaine est un âge rayonnant, je te souhaite d’y trouver à ton tour épanouissement et bien être.
    Tu es prête à n’en pas douter pour « Le vol du phénix » 😉

    Des bises mon Amie

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    • Bravo Diane,belle remise en question pour un nouveau départ.La vie est courte et le temps passe .Il reste tant à faire ,à créer.Tous les possibles sont sont là ,devant nous,à nous de les saisir et d’en faire quelque chose de beau.Bon courage!Marco

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      • Merci Marc pour ce message encourageant et positif ! 😉

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    • « Je te vois »… oui je me souviens, une vraie révélation. Merci beaucoup ma Chère complice. 😉

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  2. Ce que tu es en train de faire Diane, ce n’est pas t’exposer en exposant tes talons d’Achille en même temps, tu te libères de tes chaînes, tu donnes place à la liberté. Tu ne te mets pas en danger vraiment (ou on se met toujours en danger dès qu’on agit de toute façon…) car tu connais ton terrain, tes atouts, tes forces et tes faiblesses… Tu n’es pas un oisillon qui s’élance du nid sans rien connaître de son environnement. Tu sais exactement à quoi tu « t’exposes », même si il y a toujours autour la part d’inconnu, mais c’est justement elle qui motive la création…

    S’il faut être caricatural, je pense que c’est le principe de la quarantaine, son avantage, que d’être à un niveau de connaissance, de soi et des autres, de la vie, etc, qui nous permet d’accéder à une forme de délivrance de certains carcans (chacun les siens…).
    A voir mes aînés, je pense que la liberté d’être s’acquière de plus en plus avec les années au fur et à mesure que l’on perd d’autres choses…

    C’est cela « la sagesse »… Ce n’est pas la prudence de celui qui n’ose pas, qui a peur, qui cherche la sécurité en se construisant des boucliers, c’est au contraire l’exacte attitude à avoir en raison de ce que l’on sait. C’est la connaissance qui nous mène à une forme de « justesse » vis à vis de nous-même et des autres, du monde dans lequel on vit…

    Bienvenue dans l’esprit d’Odin 😉

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    • Se libérer de ses chaines c’est quand même s’exposer… à soi-même, car je crois que le plus dur n’est pas de s’exposer à autrui mais de s’exposer à notre propre regard conscient que nous nous exposons à autrui… 😉

      Concernant la sagesse venant avec l’âge, personnellement j’y ai cru à une époque, je ne le crois plus à présent. Au contraire je crois que c’est une forme de bonus avec lequel on vient au monde… ou pas… comme un héritage ancré en nous que l’on développe avec le temps. Je connais beaucoup de personnes d’un âge avancé, qui ne font pas vraiment preuve de sagesse et de philosophie, parfois en stress permanent, pleurant sur leur passé, ruminant le présent, vociférant sur le futur… Paradoxalement je connais de jeunes « électrons libres » sachant faire preuve de détachement (sur la vie, le regard de soi, le regard des autres…) et de philosophie (mon mari en est un bel exemple).

      Je suis d’accord sur ta jolie définition de la sagesse, Delphine et, évidemment, si Odin est d’accord avec nous alors c’est encore mieux. 😉

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      • Naturellement, je te rejoins Diane. Si le monde était peuplé de sages, ça se saurait ! 😉

        Je me permets de prendre des raccourcis et de faire des généralités sur des processus qui ne le sont pas… Ce que je voulais dire, c’est que le temps est un allier qui favorise notre propre penchant ou aptitude à aller dans le sens de « la sagesse ». On peut aussi arrêter d’évoluer à 30 ans, rester derrières ses boucliers toute sa vie, ne jamais suivre que le chemin que les autres, la société, trace pour nous… On peut passer à côté de nous-mêmes jusqu’à « la fin des temps » (j’avais envie d’employer cette expression à cause d’une chanson qui me trotte dans la tête… :-)).

        « je crois que le plus dur n’est pas de s’exposer à autrui mais de s’exposer à notre propre regard conscient que nous nous exposons à autrui… » (dixit Diane)
        … De prendre conscience que nous nous exposons vraiment à autrui tu veux dire ? Comme par une sorte d’effet miroir…

        Oui, c’est pareil dès que nous écrivons un mot sur la toile…
        C’est très facile d’écrire sur un blog ou un forum, et ainsi d’exposer sa pensée et plus parfois, mais il est moins évident de garder à l’esprit cette vigilance qui nous permet d’avoir conscience de cette exposition et d’oser aller au bout de notre geste en toute connaissance.

        En fait il me semble que tu parles plus de la volonté et du courage de s’exposer, que de l’exposition elle-même.
        Car en ne voulant pas s’exposer (ou pas totalement), on s’expose parfois davantage que lorsqu’on choisit de le faire.
        C’est en partie ce que je voulais dire au début de mon message…

        Bien sûr, tu t’exposes ; tout artiste s’expose à des degrés divers, qu’il le veuille ou non…

        Mais qu’en pense Odin ?

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        • Tu as tout dit Delphine (comme toujours avec belle intelligence). J’en profite pour te remercier pour tous tes commentaires, c’est un vif plaisir pour moi de te lire… merci donc d’exposer ainsi tes paroles. 😉

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          • C’est moi qui te remercie… 🙂

          • 😉

  3. Oh Diane, comme je suis contente pour toi ! On voit que ta peinture change et effectivement, on sent que ça bouge bien pour tout le monde en ce moment…et on le voit dans tes toiles qui me font l’effet d’un nouveau-né en pleine Renaissance. D’ailleurs, les regards, notamment sur ce dernier tableau, est différent, plus ouvert, plus fort, plus lumineux, c’est étrange… J’ai hâte de découvrir les prochaines œuvres !Merci pour tes partages et belle aventure au cœur de toi-même dans cette nouvelle phase picturale comme interne 🙂

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    • Chère Séverine, tes encouragements me vont droit au coeur. Merci beaucoup à toi ! 😀

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  4. Le doute et la recherche sont les secrets de l’évolution et effectivement s’il y a bien un domaine où l’on doit évoluer c’est dans son expression artistique. C’est un besoin d’autant plus impérieux qu’on a parfois pas le temps de finir un cycle ou une série qu’on sent qu’on ne l’achèvera jamais ; on cherche autre chose ou bien il faudrait tout reprendre au début parce qu’on a changé entre temps.
    Je comprends d’autant plus ton choix de technique dans le frais que j’ai le même besoin de spontanéité, de lâcher la bride et de libérer l’énergie.
    C’est toujours difficile de se séparer d’un style qui a un certain succès mais le principal, et ce qui se voit peut être le plus dans une œuvre, c’est la sincérité de l’artiste avec lui-même.
    « Je te vois Diane »;)

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    • Je t’ai déjà répondu en privé mais je te remercie publiquement pour tes mots Jean-Pierre. 😉

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